Manifestation à Marseille pour Ghofrane tuée à coups de pierres

Sábado 27 de noviembre de 2004.

MARSEILLE, 26 nov 2004 (AFP)

Le meurtre de Ghofrane Haddaoui, 23 ans, tuée à coups de pierres dans des circonstances non élucidées, est au centre de la manifestation organisée samedi à Marseille, à l’appel du mouvement "Ni putes ni soumises", à l’occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes.

Le corps de Ghofrane avait été retrouvé à la mi-octobre dans un terrain vague des quartiers nord de Marseille. La jeune femme, d’origine tunisienne, avait été totalement défigurée à coups de pierres. Trois mineurs ont été mis en examen dans le cadre de l’enquête sur ce meurtre dont le mobile demeure confus. Deux d’entre eux ont été écroués. Interpellé le 7 novembre, un garçon de 17 ans et onze mois a été mis en examen pour homicide volontaire et écroué. Il a reconnu les faits, sans fournir d’explications détaillées à son geste.

A la suite de témoignages recueillis par les enquêteurs, deux autres mineurs ont été interpellés. L’un a été mis en examen jeudi pour homicide volontaire et écroué. Selon une source judiciaire, cet adolescent de 16 ans était déjà incarcéré pour un vol à main armée. L’autre mineur, également placé en garde à vue mardi, a été mis en examen jeudi pour non dénonciation de crime et laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Les investigations se poursuivent pour établir le mobile du meurtre.

Selon la mère de Ghofrane, Monia Haddaoui, interrogée par l’AFP, la jeune femme aurait été attirée dans un piège par des jeunes filles "qui avaient gagné sa confiance". Elle a été retrouvée "les dents cassées, une oreille écrasée, un énorme trou à hauteur de la tempe et plusieurs blessures sur le crâne.

Sa main gauche avait été écrasée", dit-elle. Monia Haddaoui a précisé que les mineurs interpellés fréquentaient le quartier où elle habite avec ses six enfants, dans le centre de Marseille, mais que ce n’étaient pas des amis de sa fille. L’un d’eux était attiré par Ghofrane: "Il la voulait, mais pas elle", poursuit la mère. "Elle était belle. Ce sont des crapules (...). Quand ils voient quelqu’un de bien, ils ont la haine".

Selon une source judiciaire, en l’état actuel de l’enquête, rien ne permet d’affirmer que les pierres ont été jetées sur la jeune femme, comme l’affirme la mère qui parle de "lapidation". "Des coups ont été portés avec des pierres, cela ne signifie pas que les pierres ont été jetées", a-t-on indiqué de même source. (1)

Née à Tunis, Ghofrane Haddaoui avait travaillé dans une société de nettoyage puis comme vendeuse. Récemment, selon sa mère, elle suivait une formation d’aide ménagère pour personnes âgées. Elle était connue des services de police pour violence volontaire en 2002, mais il s’agissait de "broutilles", a-t-on précisé de source proche du dossier. Selon la mère, il s’agissait d’une bagarre entre filles, pour une histoire de bijoux.

"J’ai la rage contre ces mères qui laissent leurs enfants en tuer d’autres. Je dis +ces mères+, car elles sont seules. Les pères sont absents", ajoute Monia Haddaoui, dont le mari est décédé il y a un an et demi.

FR3 Méditerranée

(1) Quelle indécence !!! SB


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