Koweït : la première candidate aux législatives entame sa campagne électorale

dimanche 29 mai 2005.

Deux ans avant le prochain scrutin législatif, Aïcha al-Rachid a entamé sa campagne électorale, en promettant, comme première candidate koweïtienne, d’oeuvrer afin d’améliorer la condition de la femme.

Mme Rachid, une célèbre journaliste, a annoncé samedi qu’elle entendait se porter candidate aux élections législatives de juillet 2007, une semaine après que le Parlement eut approuvé un projet de loi accordant, pour la première fois, aux femmes leur droit de vote et d’éligibilité.

Les femmes ne pourront pas participer aux élections municipales, en juin.

"La semaine prochaine, je tiendrai mon premier rassemblement public devant ma maison. Il sera ouvert à tous et il y aura des places séparées pour les hommes et les femmes", a déclaré Mme Rachid lors d’une conférence de presse, convoquée pour annoncer le lancement de sa campagne le 4 juin.

Ce rassemblement sera le premier meeting jamais organisé par une femme au Koweït.

Les meetings électoraux sont le seul moyen pour les candidats d’avoir accès aux électeurs, en l’absence d’annonces publicitaires via les chaînes de radio et de télévision, contrôlées par l’Etat.

Après l’annonce de Mme Rachid, quatre autres Koweïtiennes ont déclaré qu’elles allaient se présenter aux élections de 2007 : une femme écrivain, deux activistes des droits de l’Homme et une universitaire.

Mme Rachid a indiqué qu’elle mettrait l’accent sur la sensibilisation des femmes à la nécessité de participer au prochain scrutin parlementaire.

"Des Koweïtiennes ont voté dans d’autres élections comme celles des syndicats d’étudiants, d’organisations non-gouvernementales et de coopératives, mais ce sera leur première expérience pour le Parlement", a-t-elle ajouté.

Elle a indiqué qu’elle allait se présenter aux législatives dans sa circonscription électorale de Kiefan, dans la banlieue sud de la capitale koweïtienne, un bastion des islamistes fondamentalistes.

Lors des deux dernières législatures, les salafistes islamistes ont raflé les deux sièges au parlement qui revenait à cette circonscription.

"C’est ma circonscription électorale. Tous les courants politiques koweïtiens y sont représentés. Je les respecte tous (...) mais je vais concourir aux élections dans cette circonscription et rien ne va m’arrêter", a-t-elle assuré.

Quelque 200.000 femmes devront commencer à se faire enregistrer sur les listes électorales lors de l’enregistrement annuel en février.

"Je m’attends à ce qu’au moins 70.000 femmes s’enregistrent comme électrices (...). Les femmes devront changer l’équation et des surprises sont attendues", a dit Mme Rachid.

"L’élection est une bataille politique à laquelle ne survivra que le meilleur", a-t-elle ajouté.

Elle a souligné que sa priorité serait de mettre fin à toute forme de discrimination à l’égard des femmes koweïtiennes, notamment les veuves, les divorcées et celles mariées à des étrangers.

"Si je suis élue, je travaillerais pour changer le code du statut personnel koweïtien pour qu’il soit entièrement fondé sur la charia. Je crois que la charia satisfait pleinement les droits sociaux de la femme", a-t-elle conclu.

Le 16 mai, les femmes au Koweït ont obtenu pour la première fois leurs droits de vote et d’éligibilité, après un amendement de la loi électorale voté par le Parlement de cette monarchie conservatrice du Golfe.

Les députés islamistes, qui s’opposaient à l’octroi à la femme de ses droits politiques, ont cependant réussi avec leurs alliés tribaux au Parlement à introduire dans le texte amendé une clause stipulant que les femmes doivent, dans l’exercice de leurs droits, se conformer aux "normes islamiques".


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