Moubarak promet d’élargir le champ des activités de la société civile

dimanche 13 mars 2005.

Le président Hosni Moubarak a promis d’élargir le champ d’action de la société civile, en ouvrant dimanche la deuxième conférence sur les réformes dans le monde arabe, organisée par la Bibliothèque d’Alexandrie.

"La prochaine étape verra s’ouvrir de nouveaux horizons devant la société civile", a déclaré le chef de l’Etat égyptien devant un aréopage de penseurs arabes représentant à la fois des Etats et des associations de la société civile.

M. Moubarak a affirmé par ailleurs qu’il allait adresser de nouveaux projets de réforme politique au Parlement, après lui avoir demandé, le 26 février, d’amender la Constitution pour permettre les candidatures multiples et instaurer le suffrage universel direct et secret pour l’élection du chef de l’Etat.

Le chef de l’Etat n’a pas donné de précision sur le contenu de ces projets.

L’opposition égyptienne réclame notamment l’abrogation de l’état d’urgence, en vigueur depuis l’assassinat du président Anouar el-Sadate en octobre 1981, la réduction des pouvoirs du chef de l’Etat et la limitation des mandats présidentiels à deux de quatre ans seulement, au lieu d’un nombre illimité de mandats de six ans, selon les dispositions en vigueur.

Une élection présidentielle doit se tenir en septembre prochain en Egypte. Le président Moubarak, 76 ans, pourrait y briguer un cinquième mandat.

M. Moubarak a par ailleurs souligné que les réformes dans le monde arabe "ne doivent pas venir de l’étranger", mais l’intérieur, et qu’elles doivent "tenir compte des situations inégales entre les pays arabes".

Il a appelé aussi à la poursuite du "dialogue des civilisations" entre le monde arabe et l’Occident. La presse gouvernementale égyptienne n’a pas cessé de critiquer le projet américain du "Grand Moyen-Orient" depuis son lancement il y a plus d’un an.

Ce projet vise, selon Washington, à encourager les réformes démocratiques et l’ouverture économique dans le monde arabe et musulman.

Lors de la première conférence, il y a un an, de la Bibliothèque d’Alexandrie, qui aspire à devenir une "boîte à idées" de la réforome dans le monde arabe et en Egypte, les participants avaient appelé à "renouveler les différents types de régimes (arabes) afin de garantir une alternance pacifique du pouvoir", dans un texte baptisé "Document d’Alexandrie".

La conférence avait réclamé des "réformes constitutionnelles et législatives", l’organisation d’"élections libres et régulières" et insisté sur l’importance de "définir une période précise" pour la durée des mandats des dirigeants.

Le texte avait demandé la suppression des lois sur l’Etat d’urgence et des tribunaux d’exception, en vigueur dans plusieurs pays arabes, et réclamé le droit de créer des organisations non-gouvernementales.

Il avait par ailleurs appelé au respect de la liberté de presse et à la libération des "prisonniers d’opinion".

La Bibliothèque d’Alexandrie, qui a succédé à l’antique bibliothèque disparue il y a près de 16 siècles, a été inaugurée en octobre 2002. Dirigée par Ismaïl Serag el-Dine, elle veut être un espace ouvert au dialogue des cultures.


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