Afganistan: la persistence d’habitudes et traditions injustes comprometten sérieusement les progrès en matière de droits des femmes.

Domingo 6 de marzo de 2005.

La majeure partie de la société afghane n’est pas encore prête à accepter l’égalité entre hommes et femmes, un principe pourtant inscrit dans la constitution du pays, a déclaré dimanche une responsable du ministère de la condition féminine lors d’une conférence de presse.

"Plus de 20 ans de guerre ont altéré les esprits au sein de la population afghane, et les gens ne sont pas prêts à accepter une application à 100% de la loi" qui garantit cette égalité, a estimé Soray Sobhrang, vice-ministre de la condition féminine.

Trois ans après la chute du régime des talibans, elle a estimé que la persistance d’"habitudes et traditions injustes" compromettaient sérieusement les progrès en matière de droits des femmes, notamment en favorisant les "mariages précoces".

Mme Sobhrang a par exemple indiqué qu’au cours des six derniers mois, son ministère avait eu connaissance "d’au moins 500 cas de femmes mariées de force".

Cette inégalité est également renforcée selon elle par l’"insécurité" que ressentent les femmes face aux violences dont elles sont victimes, notamment de la part des chefs de guerre et commandants de milices qui dirigent certaines régions, et par le fait que "90% d’entre elles sont illettrées".

"Nous avons fait des choses, comme ouvrir aux femmes les portes du monde de l’éducation ou du monde du travail... Mais toutes ces progrès restent limités à la capitale (Kaboul, ndlr), et nous devons étendre nos activités aux provinces", a-t-elle reconnu.

Dans bien des régions d’Afghanistan, les traditions tribales, plus que la loi islamique, dominent et favorisent les mariages forcés, notamment de jeunes filles échangées pour mettre fin à un conflit entre deux familles.

Le président afghan Hamid Karzai a nommé mercredi dernier, pour la première fois dans l’histoire du pays, une femme au poste de gouverneur provincial, en la personne de son ancienne ministre de la condition féminine, Habiba Surabi, promue à la tête de la province de Bamiyan (centre).

Font: AFP


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