Manifestation à Paris a l’appel de "Ni putes, ni soumisses"

dimanche 6 mars 2005.

Par Suzette BLOCH

Une manifestation dimanche à Paris à l’appel de "Ni putes, ni soumises" et du Planning familial a lancé en France, avant l’heure, la Journée internationale des femmes du 8 mars, marquée par la division des féministes sur fond de voile islamique et de communautarisme.

Cette première manifestation, "pour la mixité, la laïcité et l’égalité des sexes", ouverte par deux grands portraits de la journaliste Florence Aubenas et de son guide irakien Hussein Hanoun al-Saadi retenus en otages en Irak depuis deux mois, a été organisée par le mouvement "Ni putes ni soumises" (NPNS) et le Mouvement français du planning familial.

Plusieurs milliers de femmes ont défilé derrière une grande banderole proclamant "Laïcité, Egalité, Mixité" avec la présence également du Mouvement de libération des femmes (MLF) et des Verts.

Mardi soir, ce sera au tour du Collectif national pour les Droits des Femmes (Cndf), qui regroupe une centaine d’associations, de manifester à Paris.

La journée internationale de la femme 2005 consacrera par cette division une recomposition politique de la mouvance féministe française sur fond de polémique sur le voile islamique et le communautarisme.

"Ni putes, ni soumises", mouvement des "filles des cités", nées en France de parents immigrés notamment d’Afrique du nord comme sa présidente Fadela Amaraou, a choisi de manifester de son côté et de se désolidariser du Cndf qu’elle juge noyauté par des groupes communautaristes ou islamistes.

Elle lui reproche d’accepter dans ses manifestations des mouvements comme "une école pour tous", qui défend la liberté du port du foulard islamique à l’école.

NPNS est apparu fin 2002-début 2003 après un fait divers symbolisant l’oppression des jeunes filles musulmanes : Sohane, 17 ans, brûlée vive par un jeune homme de son âge dans une cité de Vitry-sur-Seine, banlieue sud de Paris, en octobre 2002.

"Nous sommes les héritières des luttes féminines des années 70, mais il y a des femmes aujourd’hui qui ne peuvent pas jouir des libertés acquises grâce à ces luttes, à cause d’une nouvelle forme de violence liée à l’obscurantisme islamique et l’intégrisme religieux", explique Fadela Amara.

Le Cndf qui regroupe des associations féministes, des syndicats et des membres de partis politiques de gauche, est apparu début 1996, centré sur des revendications plus larges, défendant l’égalité professionnelle, la parité hommes/femmes en politique, le droit à l’avortement, et dénonçant les violences conjugales. Il lutte aussi contre la mondialisation libérale.

La loi interdisant le voile à l’école a profondément divisé ce mouvement qui perd désormais un de ses piliers historiques, pionnier des luttes féministes de l’après-guerre, le Mouvement français du planning familial, qui a décidé de se ranger aux côtés de "Ni putes, ni soumises".

Le Planning estime que les droits à la contraception et à l’avortement "sont menacés par la montée des intégrismes".

Le Cndf a convoqué son rassemblement du 8 mars sous le signe du lancement de la deuxième "marche mondiale des femmes contre la pauvreté, les violences, et le néo-libéralisme" au départ du Brésil et pour "un autre monde où l’intégrité, la diversité, les droits et la liberté de toutes et de tous sont respectés".

Outre ces deux manifestations, le Sénat invitera toutes les femmes maires (4.076, soit à peine plus de 10% des quelque 36.000 communes) à des "États généraux de la démocratie locale et de la parité" et Amnesty international-France accueillera cinq "défenseures" des droits des femmes d’Afghanistan, de Colombie, de Russie, du Maroc et de la République démocratique du Congo.

Font : AFP


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