SOLIDARITE AVEC L’AFEPEC

Menaces sur l’association algérienne.


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SOLIDARITE AVEC L’AFEPEC

Association Féminine algérienne pour l’Epanouissement de la Personne et l’Exercice de la Citoyenneté

L’AFEPEC mise en demeure de quitter les locaux qu’elle occupe

L’AFEPEC est une association féminine qui agit depuis plus de vingt ans en faveur des droits des femmes et de l’affirmation de leur citoyenneté.

L’AFEPEC a, entre autres, ouvert et assuré des guichets d’écoute psychologique et de consultation juridique au bénéfice des femmes en difficulté, mené des actions de vulgarisation sur le code de la famille, de réflexion sur la condition féminine en Algérie et de solidarité avec les femmes en détresse et notamment avec celles de Hassi Messaoud.

Le mardi 06 février 2006, l’AFEPEC a été sommée de quitter les locaux qu’elle occupe depuis 2003 et qui lui avaient été affectés par la Mairie d’Oran.

Pour rappel, les locaux dont il est question sont une école désaffectée, complètement en ruine et fermée durant plusieurs années. L’AFEPEC avait eu la décision d’affectation de la part de la Direction de l’éducation et de la Mairie. L’école étant dans un état lamentable, l’AFEPEC s’est démenée pour y faire progressivement des travaux. Il a fallu presque deux ans pour réussir à refaire l’étanchéité de toute l’école, travaux lourds et coûteux. Ces travaux terminés, les locaux ont continué à abriter l’Université Populaire de la Citoyenneté ainsi que des réunions d’autres associations.

Pourquoi l’AFEPEC doit-elle quitter ces lieux aujourd’hui ?

Y a-t-il un rapport avec la réunion tenue le 24 janvier 2007 dans les locaux de l’AFEPEC avec la rapporteure spéciale de l’ONU chargée des violences à l’encontre des femmes et des associations des droits des femmes ?

A-t-on osé une telle décision parce que l’AFEPEC est une association de femmes ?

A l’heure où l’Algérie a ratifié la Convention internationale pour l’élimination de toutes les discriminations à l’encontre des femmes et s’est engagée, depuis novembre 2006, lors de la Conférence interministérielle Euro- méditerranéenne d’Istanbul sur le Renforcement du rôle des femmes dans la société à « contribuer au renforcement des capacités des organisations de la société civile qui s’emploient à défendre l’ensemble des droits fondamentaux des femmes », il est impensable qu’une association de femmes soit privée de son lieu de travail et de réunion par ceux qui, par leur position de représentants de l’Etat, ont le devoir de protéger et soutenir le travail fait pour l’amélioration de la condition des femmes.

Merci d’exprimer votre soutien en signant cet appel de solidarité avec l’AFEPEC.

L’appel est à ADRESSER à :

afepec@yahoo.fr

Note de mediterraneas.org :

Nous reproduisons ci-dessous la déclaration du 8 mars 2006 qui non seulement informe du drame de Hassi Messaoud mais donne également un aperçu du travail et des positions de cette association :

Déclaration de l’AFEPEC

Notre inquiétude est grande en ce 8 Mars et nous sommes choquées, encore une fois, par le mépris dont nous faisons l’objet et le déni de nos droits. Les femmes du monde entier évaluent et recensent leurs acquis et droits conquis alors que nous en sommes chaque jour à compter les reculs sur nos droits déjà minces et les atteintes à notre dignité.

La décision du gouvernement de « reporter » la visite dans notre pays de la Rapporteure spéciale de la Commission des Droits de l’Homme des Nations unies chargée de la question des violences faites aux femmes, soulève nombre d’interrogations. Cette visite avait été pourtant librement acceptée par l’Algérie qui en a même arrêté la date. Que veut-on cacher ?

-  Le maintien du code de la famille comme une honte pour l’histoire de notre pays, une insulte à la mémoire de celles qui ont sacrifié leur vie pour la liberté et la dignité.

-  La quête de justice des milliers de femmes violées par les terroristes intégristes.

-  L’impunité dont jouissent ces mêmes terroristes grâce à une « réconciliation » sans vérité ni justice.

-  La quête de justice des suppliciées(1) de Hassi Messaoud.

-  Les violences multiformes subies par les femmes dans la famille, dans la rue, sur les lieux de travail.

-  Les discriminations criantes dont souffrent les femmes.

Veut-on cacher la scandaleuse exigence du certificat de virginité par des maires qui s’érigent en gardiens de la morale ?

Des maires de communes de la République algérienne se permettent une interprétation fantaisiste de dispositions (2) du code de la famille dont le maintien laisse la porte grande ouverte à tous les abus et violences.

L’existence même de ce code, quels que soient les rafistolages dont il peut faire l’objet, est une violence à laquelle vient s’ajouter celle de présidents d’APC (3) zélés. C’est une atteinte grave et intolérable à la dignité des femmes, à leurs droits élémentaires.

En ce 8 Mars, nous exigeons du ministre de l’Intérieur des mesures urgentes et strictes pour que cette pratique scandaleuse cesse et pour que les maires concernés soient immédiatement rappelés à l’ordre.

Le gouvernement devant assumer ses responsabilités et expliquer l’indignité dans laquelle sont maintenues les femmes, nous lui demandons en ce 8 Mars de s’engager pour une nouvelle date afin de permettre une visite complète et sans entrave de la Rapporteure spéciale de la Commission des Droits de l’Homme des Nations unies chargée de la question des violences faites aux femmes dans notre pays.

Oran le 07 mars 2006

Association Féminine pour l’Epanouissement de la Personne et l’Exercice de la Citoyenneté

A.F.E.P.E.C.

Notes de Mediterraneas.org :

(1). La nuit du 17 juillet 2001, dans le quartier- bidonville "El Haïcha" de la ville de Hassi Messaoud, "capitale" des hydrocarbures, une trentaine de femmes - employées dans les bases pétrolières, la majorité dans l’entretien et les cantines - ont été durant une nuit entière agressées, violées, torturées, lacerées au couteau... par des hordes de voisins, jeunes et adultes, fanatisés par un imam qui appelait à la "puriification des moeurs". Beaucoup de ces femmes, venues du Nord du pays à la recherche d’emploi, vivaient seules, les familles -qu’elles entretenaient de leurs salaires, aujourd’hui perdu par la plus part d’entre elles - étant restées dans les villes d’origine. Au départ, toutes les 38 victimes avaient dénoncé les faits et porté plaintes. Au fil du temps, sous l’influence des pressions, les manoeuvres des autorités algériennes pour minimiser les faits, les tergiversations de la justice et l’étiquette de "prostituées" qui leur a été collée, y compris par une partie de la presse,la majorité des suppliciées de Hassi Messaoud ont fait marche arrière, quittant la région et ravalant leur douleur. Trois d’entre elles cependant tiennent bon - bien que leur situation psychologique et sociale soit catastrophique - et continuent, à ce jour, à exiger que justice soit rendue. La solidarité a tardé a se mettre en place et a pâtit, continue de pâtir des faiblesses actuelles du tissu associatif et du peu de cohésion et de constance dans l’action du mouvement pour les droits des femmes en Algérie. Au plan international, hormis quelques entités, italiennes en premier lieu, la solidarité n’a pas non plus été significative, l’Algérie continuant à vivre une sorte d’isolement et les associations ne sachant pas encore cultivé les alliances internationales dont elles ont certainement besoin.

(2). Un certificat médical faisant foi de la bonne santé des deux futurs conjoints.

(3)Assemblée Populaire Communale



19 février 2007



 



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