Les algériennes et la violence

7419 victimes en 2005, 1562 durant le 1er trimestre 2006.

 

Une réflexion sur l’éventuelle pénalisation des violences conjugales est actuellement engagée au plus haut niveau de l’Etat algérien, dans le but de réduire ce fléau. C’est ce qui est ressorti des débats des deux journées du premier atelier local, tenu à Alger, sur la violence contre les femmes organisé lundi 11 et mardi 12 juillet à Alger, par l’association Femmes en Communication avec l’aide du programme Karama (dignité), une ONG, qui relève du mouvement international V-Day, créée en 1998 pour faire cesser la violence pratiquée contre les femmes et les jeunes filles.

Le programme Karama œuvre à établir des contacts entres les femmes arabes en faveur de la mise en place de réseaux nationaux, et sa première initiative fut la création d’un centre en Egypte dans l’attente de s’établir en Jordanie, au Liban, en Syrie, en Algérie, au Maroc, au Soudan et en Tunisie. Lors des travaux, les participantes, parmi lesquelles la présidente du programme Karama, la coordinatrice régionale du programme en Jordanie et des représentantes du mouvement associatif, des ministères de la Condition féminine et de la Solidarité, de la Sûreté nationale, ainsi que des journalistes, avocates et juristes ont abordé la violence sous toutes ses formes.

Dans une communication sur l’« impact de la violence sur la pratique politique », la député Samia Moualfi a évoqué les différents facteurs qui bloquent l’accès de la femme aux différents centres de prise de décisions et qui, selon elle, sont d’ordre socioculturel. Pour faire tomber ces barrières, il faudra, selon elle, organiser des campagnes de sensibilisation qui encouragent la femme à adhérer aux partis et lui permettre de siéger dans les différentes Assemblées élues. Mme Samia Ghomri, enseignante en sciences administratives et commerciales à l’université d’Alger, a déclaré que la violence « est un phénomène nourri par le chômage et l’analphabétisme ». Etant donné que le harcèlement sexuel est une forme de violence, Mme Soumeya Salhi, présidente de la commission femme à l’UGTA, a expliqué que ce phénomène constitue « une atteinte à la dignité et à la santé physique et morale ». Pour elle, la criminalisation du harcèlement sexuel ne sera que justice pour les victimes. La juge, Mme Kaddache, est revenue sur les nouvelles dispositions du code de la famille, précisant, à titre d’exemple, que le code pénal a incriminé le père qui ne verse pas de pension à ses enfants et cette sanction peut aller jusqu’à l’emprisonnement dans certains cas. Mme Baya Hachemi, réalisatrice, a rappelé que par le passé le théâtre à succès construisait, en grande partie, sa production sur la violence et la satire contre la femme. « Aujourd’hui, le théâtre, le cinéma et la télévision peuvent jouer un rôle important dans le changement des mentalités », a-t-elle dit.

7419 femmes victimes de violence en 2005

Mme Messaoudène, commissaire de police, a avancé des chiffres inquiétants sur la violence à l’égard des femmes et qui, selon elles, ne cessent de prendre de l’ampleur.

En 2005, les services de police ont enregistré 7419 cas de violence, dont 5179 sont physiques, 277 sexuelles, 1753 mauvais traitement, 34 assassinats et 176 cas de harcèlement sexuel.

Les maris viennent en deuxième position auteurs de ces violences, avec 911 cas, suivis des frères avec 332 cas, puis des amants, 231 cas, les enfants, 212 cas et enfin les pères 78 cas. Durant le premier trimestre 2006, les mêmes services ont enregistré 1762 femmes victimes de violence, parmi lesquelles 1113 ont subi des atteintes physiques, 53 sexuelles, 527 ont été maltraitées, 6 ont été tuées et 63 ont été victimes de harcèlement sexuel. Les auteurs de ces violences sont, pour 237 cas, les maris, 67 cas, les frères, 67 cas, les amants, 52 cas, les enfants, et 30 cas, le père. Selon l’officier de police, le problème réside dans l’absence de structures d’accueil pour les victimes.

Le représentant du ministère délégué chargé de la Famille et de la Condition féminine a mis l’accent sur les conséquences de la violence sur la cellule familiale et la santé de ses membres, rappelant la campagne nationale menée par son département en novembre dernier sous le slogan : « La lutte contre les violences est une affaire de tous ». Parce que cette lutte demande, selon elle, « une stratégie nationale claire, le ministère a entamé récemment avec les services de sécurité la mise en application d’un programme de prise en charge des femmes et des enfants victimes de violence, étalé jusqu’en 2007. Il s’agit d’une nouvelle méthodologie de prise en charge, de la mise en place d’alliances pour réformer la législation et changer les comportements et enfin d’encourager les compétences nationales en matière technique et institutionnelle à travers une coordination organisée entre le gouvernement et la société civile ». A ce titre, elle a indiqué qu’une enquête nationale, qui touche 2000 femmes à travers le pays, vient d’être lancée.

Salima Tlemçani

El Watan 12 juillet 2006

La violence est une réalité que les femmes subissent au quotidien dans la société Algérienne à l’instar d’autres pays musulmans et occidentaux.

Les agressions perpétrées contre ces dernières se traduisent de différentes manières et sous plusieurs formes. Elles sont conjugales, intrafamiliales, physiques, morales, sexuelles...bref, elles sont multiples et qu’elles soient apparentes ou non, occasionnelles ou répétées, elles sont en tous cas là.

Coups et blessures volontaires, insultes au corps et à l’âme, violences verbales, et souvent menaces de mort, il arrive malheureusement souvent que le ou les agresseurs passent à l’acte convaincus d’avoir fait ce qu’il fallait.

L’absence de subventions aux besoin de leur propre famille, le viol conjugal, l’abandon, l’interdiction de travailler ou au contraire le travail forcé comme la mise sur le trottoir, la séquestration, l’humiliation et même la dépossession des biens. Toute cette batterie de violences concourt à l’isolement de la femme.

Ces agressions faites aux femmes et qui affectent leur dignité au plus haut point,ont fait l’objet d’un séminaire et d’une rencontre avec le mouvement associatif féminin et les autorités locales (Ministère de l’intérieur, Ministère délégué à la famille, Institut National de la Santé Publique ) organisé par Femmes en Communication et Karama à l’hôtel El Djazair le 10 et 11 juillet 2006.

Dans ce séminaire nous avons eu les chiffres officiels enregistrés par les services de polices et qui nous ont été transmis par Kheïra Messaouden, commissaire au niveau de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (...)

Pour le premier trimestre 2006 les violences physiques ont atteint le chiffres de 1562 cas, réparti entre : 1101 cas de violence physique, 527 cas de mauvais traitement, 53 cas de violence sexuel, 63 cas de harcèlement sexuel et 6 cas d’homicide volontaire.

Selon une étude de l’INSP (Institut National de la Santé Publique) que nous à donné Faika Medjahed chercheur,les agresseurs se classifient de la façon suivante : la violence conjugale est la première violence à l’égard des femmes , le mari plus de 50 %, suivit du frère suivit du fiancé et ensuite le fils envers sa mère.

Nous avons aussi eu les impressions Salima Tlemsani journaliste d’El Watan qui nous a fait part de son analyse sur les dossiers de presse concernant l’images donné au femme dans la presse écrite, plus particulièrement le traitement des journaux arabophone proche des islamiste, en nous donnant comme exemple le traitement médiatique lors de l’affaires des femmes qui ont subit des violences dans leurs quartiers à Hassi Messaoud (1).

Les femmes subissent des violences décrites, à travers la presse, selon le travail qu’elle a effectué sur le terrain, et surtout la présentation faite par la presse arabophone.

L’association SOS Femme en Détresse représenté par Sabrina Wared nous a parlé des différente catégorie de femmes qui subissent la violence, elles sont toutes classes confondues, universitaires, cadres etc , et ses dernière n’arrive pas a parler aisément de leur situation de femmes battues, elles ont honte, souvent touchées dans leur dignité.

Le dossier épineux dont nous a fais part Soumia Salhé c’est le harcèlement sexuel,ce dernier n’a été pris en considération par la loi algérienne qu’en 2005, après un combat acharné de la section féminine du syndicat national algérien de 2003 à 2004.

Des solutions ont été proposées par Nadia Ait Zai juriste, la mise en place d’une loi qui permet de mieux protéger les femmes battues, et aussi donner la possibilité de dénoncer en cas de violence à l’encontre des femmes.

Lors du séminaire nous avons eu aussi d’autres interventions sur les différentes violences faites aux femmes : morale, physique ; dans des domaines différents : la politique, le travail, la santé et le social.

Des associations ont parlé de la nécessité de travailler en réseau pour faire face à la problématique. D’autres rencontres doivent être organisées, et un travail en réseau élargi sur le monde arabe doit être mis en place, pour les études et la mise en place de solutions adaptées.

Le phénomène de la violence reste un tabou dans nos sociétés, et il doit être suivit par des études sur le terrain avec coordination des autorités et des différentes institutions concernées, ainsi qu’une sensibilisation à tous les niveaux et un travail sur l’aspect genre.

C’est les conclusions auquel sont arrivée les différentes participantes au colloque

Compte rtendu de :

Maya Azeggagh

Femmes en Communication - Alger.

Notes de Mediterraneas.org :

(1). La nuit du 17 juillet 2001, dans le quartier- bidonville "El Haïcha" de la ville de Hassi Messaoud, "capitale" des hydrocarbures, une trentaine de femmes - employées dans les bases pétrolières, la majorité dans l’entretien et les cantines - ont été durant une nuit entière agressées, violées, torturées, lacerées au couteau... par des hordes de voisins, jeunes et adultes, fanatisés par un imam qui appelait à la "puriification des moeurs". Beaucoup de ces femmes, venues du Nord du pays à la recherche d’emploi, vivaient seules, les familles -qu’elles entretenaient de leurs salaires, aujourd’hui perdu par la plus part d’entre elles - étant restées dans les villes d’origine. Au départ, toutes les 38 victimes avaient dénoncé les faits et porté plaintes. Au fil du temps, sous l’influence des pressions, les manoeuvres des autorités algériennes pour minimiser les faits, les tergiversations de la justice et l’étiquette de "prostituées" qui leur a été collée, y compris par une partie de la presse,la majorité des suppliciées de Hassi Messaoud ont fait marche arrière, quittant la région et ravalant leur douleur. Trois d’entre elles cependant tiennent bon - bien que leur situation psychologique et sociale soit catastrophique - et continuent, à ce jour, à exiger que justice soit rendue. La solidarité a tardé a se mettre en place et a pâtit, continue de pâtir des faiblesses actuelles du tissu associatif et du peu de cohésion et de constance dans l’action du mouvement pour les droits des femmes en Algérie. Au plan international, hormis quelques entités, italiennes en premier lieu, la solidarité n’a pas non plus été significative, l’Algérie continuant à vivre une sorte d’isolement et les associations ne sachant pas encore cultivé les alliances internationales dont elles ont certainement besoin.



26 septembre 2006



 



......... Nedstat Basic - Web site estadísticas gratuito Site réalisé avec SPIP