Partenariat Euro-Med

Egalité de genre en Méditerranée

Réunion ministérielle en novembre 2006

 

En novembre 2006, sera convoquée une « Réunion Ministérielle Euro-Med sur l’égalité de genre ». La Commission Européenne en a ébauché les grands objectifs et méthodologie dans des documents préparatoires adressés aux institutions qui ont la charge d’élaborer les études qui serviront de base aux travaux des ministres réunis dans le cadre des sommets annuels du Partenariat EuroMéditerranéen, vraisemblablemnent à Tampere. Il leur sera confié non seulement l’approbation d’une Déclaration finale mais également l’adoption d’un Plan d’action quinquenal. Cette reunión sera précèdée par deux réunions régionales, l’une au Maghreb et l’autre au Machrek , et il semble que la Plateforme Civile EuroMed ait été désignée pour les organiser.

-  L’une des études préléminaires sera elaborée par l’EuroMeSCo. Elle porte sur les Droits des femmes en tant que garantie des droits humains et contribution à la démocratie. L’objectif affiché est de favoriser la levée des réserves émises par les gouvernements de la región Euromed signataires de la CEDAW, tout particulièrement celles relatives à l’insertion des femmes dans la vie politique, économique, sociale et au statut personnel ; d’assurer l’harmonisation des législations nationales avec les dispositions de la CEDAW et l’application effective des droits promulgués.

L’étude devra se centrer sur un certain nombre de points et recommander des mécanismes et moyens d’atteindre les objectis ciblés. Au nombre des points, l’autonomisation économique, sociale et politique des femmes (droit au travail, héritage, transmition de la nationnalité aux enfants, protection sociale liée au travail ou au divorce, participation à la décisión politique) et dans la sphère privée, la lutte contre les inégalités dans les codes de statut personnel et la législation pénale (crimes “d’honneur”, violence contre les femmes...).

S’agissant des moyens et instruments d’action, il est par exemples préconisé : le monitoring par le biais de la CEDAW, institutions spécialisées (National Women’s Machineries), ministères en charge des questions d’égalité, points focaux, organisations de la société civile (inclus les syndicats , les organisations de consommateurs), ombudsman, etc... ; l’implantation ou le renforcement des mécanismes permettant d’accroître la participation politique des femmes et leur représentation aux niveau national, régional, local (actions positives, quotas, mécanismes d’établissement des listes des partis politiques, etc.) ; le renforcement de la capacité d’action et de mise en réseau des organisations de la société civile traitant des droits des femmes (inclus leurs droits à former une association et à recevoir des fonds)...

-  La seconde étude portant sur l’accès des femmes à l’éducation et à la vie économique est confiée au FEMISE. Il y sera aborder, en particulier, les points suivants : la sensibilisation des décideurs et la création d’incitation pour l’insertion plus fortes des diplômées (secondaire et supérieur) au marché de l’emploi ; la garantie d’une éducation de qualité ( mettant l’accent sur l’environnement favorable - accès à l’école et infrastructures adaptées - et sur la qualité de l’enseignement garantissant le maintien à l’école plutôt que sur la scolarisation) ; la garantie de formation professionnelle adaptée et dans des domaines autres que l’agriculture et le service public ; la garantie de conditions de travail équitables et attractives pour les femmes ; la réduction du travail informel et à la reconnaissance économique et sociale de ce travail (dont le travail à domicile)...

Il y sera également passer en revue les posibilités d’agir sur les conditions qui favorisent l’activité des femmes, dont des formules souples d’organisation du travail, les systèmes d’accueil des enfants, le soutien aux entrepreneurs et indépendantes, l’accès plus amples aux micro-crédits, la rééquilibrage des politiques macro-économiques sur les hommes et les femmes (y compris le budget public, les réformes structurelles, la libéralisation du commerce, les privatisations, etc.) ; la maîtrise par les femmes de toutes les technologies de l’information ...

-  La fondation Anna Lindh devra étudier les instruments qui, depuis la culture et la communication, peuvent permettre des changements des mentalités et des sociètés, en faveur de l’égalité de genre. Un certain nombre d’éléments lui ont été, en ce sens, suggéré. Il s’agit principalement de : l’intégration des questions d’égalité de genre dans les établissements éducatifs, les institutions publiques et dans les médias ; l’ouverture de débats dans les écoles et les médias sur le rôle familial et productif des hommes et des femmes dans la société ; le soutien et la formation des dirigeants de médias, éditeurs, présentateurs ; le développement du dialogue et des regards croisés, en particulier avec les organisations religieuses et/ou de bienfaisance ; L’accroisement de la présence des femmes dans les processus de résolution des conflits et dans la diffusion d’une culture de dialogue et de paix...

En outre, la Comisión Européenne a élaboré et diffusé des recommandations et principes géneraux - communs aux 3 études - dont la necesssité « de ne pas focaliser seulement l’analyse sur la situation des pays du Sud, mais d’indiquer quelles sont les tendances et les défis en Europe dans les trois domaines définis (droits, participation à la vie économique, culture et communication). Le partenariat sur la problématique commune aux femmes des deux rives doit être soulignée. » Et l’autre nécessité d’adopter « une approche équilibrée entre des recommandations visant des mesures spécifiques aux femmes (actions positives) et celles visant à renforcer la prise en compte de l’égalité dans les politiques publiques (mainstreaming). »

Un premier projet de rapport devait être soumis à la Commission Européenne à la mi-mars. Le rapport définitif devant, quant à lui, être examiné mi-avril.

Par le biais de son site web, l’EuroMeSCo a rendu public partie de ses travaux :

Dans le cadre d’EuroMeSCo une table ronde sur le PEM et les droits de la femme, organisée par l’Instituto de Estudos Estratégicos e Internacionais (IEEI) et le Centre d’Etudes et de Recherches en Sciences Sociales (CERSS), s’est tenue les 13 et 14 mars 2006, à Lisbonne.

L’objectif de cette initiative a été de discuter des thèmes à traiter dans un rapport d’EuroMeSco, qui sera présenté lors de la prochaine conférence ministérielle Femmes Euromed (en novembre 2006).

Des spécialistes des droits de la femme se sont réunis afin d’analyser les potentiels thèmes à débattre et ébaucher des recommandations pertinentes pour le PEM. Le point de départ de cette table ronde a été de reconnaître que le processus de Barcelone a largement négligé la question de la femme en limitant son rôle au domaine du développement économique. Cette vision contrarie le principe de l’interdépendance et de l’indivisibilité des droits de l’homme consacré dans plusieurs instruments internationaux et dont les participants à cette table ronde ont reconnu l’extrême importance.

De plus, l’accent a été mis sur une tendance positive dans certains pays partenaires du sud de la Méditerranée au cours de ces dernières années qui a mené à des avancées spécifiques en ce qui concerne le statut légal de la femme. Néanmoins, les participants ont souligné que les nouvelles lois adoptées ne signifient qu’un léger avancement pour la femme et que leur applicabilité est souvent limitée, bénéficiant surtout une élite professionnelle urbaine tandis que la majorité de la population n’est pas prise en compte.

Les participants ont aussi abordé la distinction entre l’Islam et l’islamisme politique, en reconnaissant que les pays partenaires sud-méditerranéens font face à des défis internes en ce qui concerne l’avancement des droits de la femme émanant des partis politiques ancrés dans les interprétations religieuses conservatrices. Les différents points de vue, parfois positifs (par exemple dans le domaine des droits politiques) de ces groupes ont été discutés, ainsi qu’une possible fenêtre d’opportunités pour des réformes additionnelles. Il a été retenu que le principal défi dans le domaine des droits de la femme est la patriarchie et la discrimination socioculturelle enracinée qui limitent le rôle de la femme dans la société plutôt que le conservatisme religieux ou politique.

Quant au rôle de la femme dans la réforme politique, la progression des droits de la femme a été liée à la démocratisation de sorte que la démocratie ne peut être atteinte que si les femmes sont totalement respectées en tant que citoyennes et qu’elles jouissent des mêmes droits que les hommes.

Sur la base de cette analyse précédente, les participants ont recommandé que le PEM inclue les droits de la femme dans toutes ses activités, rejetant catégoriquement le concept de relativisme culturel. Cette nouvelle approche doit être implémentée à travers plusieurs activités qui seront définies dans le prochain rapport EuroMeSCo.

http://www.euromesco.net



24 mars 2006



 



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