Femmes tunisiennes : Un statut privilégié dans le monde arabo-musulman.


 

La femme tunisienne : un statut privilégié dans le monde arabo-musulman

Seul pays du monde arabo-musulman à avoir aboli la polygamie voici 50 ans, la Tunisie se prévaut d’un statut privilégié en matière d’émancipation de la femme.

Le point de départ de cette évolution était la promulgation du Code du statut personnel (CSP), première mesure prise par l’ancien président tunisien Habib Bourguiba au lendemain de l’indépendance du pays en 1956.

Qualifié alors de "révolutionnaire", cet acte audacieux dans un monde arabe où la polygamie continue d’être tolérée en vertu de la "charia" (loi coranique) qui autorise l’homme à prendre jusqu’à quatre épouses, octroyait par ailleurs à la femme des droits qui allaient en faire l’égale de l’homme, puis un partenaire agissant dans tous les domaines.

Parallèlement, le CSP accordait à la Tunisienne le droit de vote et supprimait la répudiation, le divorce relevant désormais du ressort des tribunaux. La femme majeure n’a plus depuis besoin de tuteur pour se marier.

Ce texte fondateur de son émancipation donnait accès à la femme tunisienne à l’enseignement et au marché du travail avec le même salaire que l’homme.

A son arrivée au pouvoir en 1987, l’actuel président Zine El Abidine Ben Ali coupait aussitôt court aux rumeurs faisant craindre à une remise en question de ce statut. Excluant tout "retour en arrière", il affichait, au contraire, une ferme volonté politique d’aller de l’avant car "il ne peut y avoir de développement si la moitié de la société, les femmes, en sont exclues".

Aujourd’hui, le gouvernement compte sept femmes. La Cour des comptes a une présidente et une femme a été nommée il y a près d’un an gouverneur (préfet) pour la première fois dans les annales du pays.

Les femmes occupent en outre 27% des postes de décision dans les cabinets ministériels, 21,6% des conseils municipaux et 20% du corps diplomatique. Au plan parlementaire, avec 23% de femmes à la Chambre des députés, la Tunisie se classe 36e sur 138 pays du monde. Au Sénat, on trouve 19% de femmes. Elles sont souvent considérées comme un rempart contre les courants extrémistes et fanatiques et les mouvements rétrogrades.

Les femmes, qui représentent 25% de la population active, comptent environ 10.000 chefs d’entreprise, sont 33% dans la magistrature, 31% au barreau, 40% dans l’enseignement universitaire et 34% dans les médias. D’autre part, les étudiantes ont supplanté les étudiants dans les établissements d’enseignement supérieur (55% de femmes).

"Loin de nous l’idée de donner des leçons aux autres, mais nous sommes disposées à mettre notre expérience et notre approche au service des pays arabes", explique la ministre tunisienne des affaires de la femme, de la famille et des personnes âgées, Salwa Ayachi Labbène. La Tunisie assure la présidence en exercice de l’Organisation de la femme arabe.

Source : http://www.aloufok.net



9 mars 2006



 



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