Sihem Bensedrine. Jornaliste. Tunis


 

Sihem Bensedrine est née le 28 octobre 1950 à La Marsa (Tunis). Elle est mariée à Omar Mestiri et mère de trois enfants. Elle fait ses études à Toulouse (France) où elle obtient une licence et une maîtrise de philosophie.

En 1980 elle devient reporter au journal indépendant Le Phare et après sa suspension travaille comme chef de rubrique politique au Maghreb et ensuite à Réalités. Après la suspension du Maghreb en 1983 suite aux émeutes du pain, elle travaille comme rédactrice en chef dans la Gazette Touristique et fonde l’Hebdo Touristique. Elle dirige en même temps le journal d’opposition El Mawkif , proche du RSP.

En 1988, elle fonde la maison Arcs éditions qui est mise en faillite à la suite de la crise de la ligue des Droits de l’Homme avec les autorités à partir de 1992. En 1998, elle travaille comme directrice littéraire aux éditions Noir sur Blanc. Elle est licenciée deux mois avant les élections présidentielles d’octobre 1999 suite à des pressions de pouvoir. En 1999, elle fonde avec des intellectuels tunisiens et européens une société d’auteurs euroméditerranéenne, les éditions Aloès. Le 30 décembre 1999 le siège de la maison subit son troisième cambriolage commandité par les services spéciaux de la police et tout le matériel est emporté. En février le directeur littéraire J-F Poirier est expulsé de Tunisie. Le 10 avril 2000, la maison d’édition est fermée et mise sous scellés pour trois mois, par décision du gouverneur de Tunis suite à une conférence sur la liberté d’expression tenue dans ses locaux. Un recueil de poésie de Taoufik Ben Brik publié par Aloès est saisi, les imprimeurs sont « invités » à ne plus collaborer avec elle, en décembre 2000, la maison ferme définitivement ses portes. En Novembre 1999, elle dépose auprès du Ministère de l’intérieur une déclaration d’un journal indépendant Kalima mais l’administration refuse de délivrer le récépissé permettant l’impression du journal. En Octobre 2000, elle décide de contourner l’interdiction en publiant le premier numéro de Kalima, dont elle assure la rédaction en chef sur internet.

Dès son retour en Tunisie en 1979, Sihem Bensedrine s’engage dans le mouvement associatif pour la liberté de la presse, les droits des femmes et les droits humains. Membre de la Ligue des Droits de l’Homme (LTDH) en 1980 dont elle devient membre dirigeant en 1985, elle fonde avec d’autres féministes le club des femmes Tahar Haddad (1979), dirige la revue Nissa et participe au réseau « femmes Maghreb 2002 », animé par Fatima Mernissi ; adhère à l’Association des Journalistes Tunisiens (AJT) en 1980 et participe à la création d’une commission de femmes au sein de l’AJT, dont elle devient responsable des relations extérieures en 1987. Elle participe également à la création du syndicat des journaux indépendants au sein de I’UGTT et elle est élue membre du premier bureau directeur en 1983.

En Juin 1991, les autorités demandent officiellement sa démission du bureau directeur de la LTDH (elle était en charge du dossier des plaintes des victimes). C’est la crise entre la LTDH et le pouvoir suite à la publication d’un communiqué dénonçant la mort sous la torture de plusieurs personnes. En Juin 1992, le Conseil National de la LTDH se réunit pour examiner la question de la soumission à la nouvelle loi sur les associations et rejette la demande de sa démission exigée par le ministère de l’intérieur comme étant une menace sur l’autonomie de la Ligue. Le ministère de l’intérieur décide la dissolution immédiate de la LTDH. Une campagne de diffamation se déclenche contre elle dans la presse aux ordres et un album montrant un montage pornographique la désignant comme une prostituée est diffusé à la presse ainsi qu’à tous les corps de métiers (médecins, avocats, universitaires...).

Le 10 décembre 1998, elle fonde avec un groupe d’intellectuels le Conseil National pour les libertés en Tunisie (CNLT) dont elle devient porte-parole (2001-2003), le CNLT ne reçoit pas son visa légal mais continue à exercer son activité. La police s’en prend aux animateurs de l’ONG. Elle subit plusieurs formes de persécution : violences policières, saccage de sa voiture, menaces, privation de passeport durant 6 ans (1994-2000).

En Juin 2001, elle est arrêtée à l’aéroport de Tunis Carthage et emprisonnée suite à une interview sur une chaîne télévisée basée à Londres où elle a dénoncé l’usage systématique de la torture, la non indépendance de la justice et la corruption. Elle est libérée après un mois et demi sous la pression d’une grande campagne de solidarité tunisienne et internationale. Les poursuites (diffamation, fausses nouvelles) sont maintenues. Une interdiction policière de quitter le territoire à été maintenue jusqu’en novembre 2001.

Elle a reçu plusieurs distinctions dans le monde de la presse.



18 mai 2005



 



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