L’intégration du concept de genre dans la formation et la recherche en population au Maghreb

Par Thérèse LOCOH et Schéhérazade TAMOUZA

 

Institut national d’études démographiques (INED)

Paris, France

Résumé/Abstract

L’approche en termes de rapports de genre a maintenant acquis droit de cité dans les sciences sociales et notamment dans le champ des études sur le développement. Le retentissement qu’ont eues les questions de genre dans les conférences mondiales du Caire en 1994 (sur la population) et de 1995 à Beijing (sur les femmes) ont bien montré l’importance de programmes de formation et de recherche en ce domaine. Les démographes ont par leurs travaux statistiques beaucoup apporté à la connaissance des disparités entre hommes et femmes mais ils sont souvent restés au stade de la description des situations.

Dans les pays du Maghreb, il existe déjà un grand nombre d’études sur la situation des femmes et des analyses féministes de ces situations. Toutefois l’optique de genre qui vise plutôt à mettre en évidence la nature des rapports entre hommes et femmes tant au niveau macrosocial qu’au niveau microsocial est encore peu présente. Cet article examine comment démographes et autres spécialistes en sciences sociales doivent s’approprier le concept de genre, à la fois pour faire progresser la connaissance des dynamiques démographiques et pour apporter leurs propres outils d’évaluation des actions et projets de développement. Les suggestions avancées sur les axes de recherche et les formations à privilégier, adoptent une démarche résolument interdisciplinaire.

The gender relations approach has now acquired the right of being cited in the social sciences and particularly in the domain of development studies. The emphasis on gender issues during the world conferences of 1994 in Cairo (on population) and 1995 in Beijing (on women) has shown the importance of training and research programmes in this domaine. Demographers in their statistical studies have contributed a lot to the awareness of the disparities between men and women but they are often limited to the description of situations.

In the countries of the Maghreb, there exist a large number of studies on the situation of women and feminists’ analyses of these situations. However, the gender perspective which rather aims at highlighting the nature of relationships between men and women, both at the macrosocial and microsocial level, is yet almost absent. This article examines how demographers and other social science specialists can adapt the concept of gender so as to further knowledge on population dynamics as well as use their tools for the evaluation of development activities and projects. In the suggestions on areas of research and training to the favoured, we have adopted an absolutely interdisciplinary approach.

Introduction

Les efforts des mouvements féministes ont fait émerger la thématique du "genre" comme une grille d’analyse incontournable du statut des femmes et de son implication cruciale dans les problèmes de développement. Les deux conférences du Caire (1994) et de Beijing (1995) ont fait de multiples recommandations pour que l’ensemble des problèmes qui se posent à chaque société et la recherche de solutions à y apporter soient envisagés à travers l’analyse des relations socialement et historiquement construites entre hommes et femmes (gender relations). C’est l’idée du mainstreaming de la problématique de genre, qui devrait devenir un thème transversal, commun à toutes les analyses des rapports économiques et sociaux.

La lutte contre l’inégalité entre les sexes, partie intégrante de la lutte pour les droits de l’homme, passe inévitablement par la remise en question des rôles et positions respectifs des hommes et des femmes, socialement et historiquement élaborés par les différentes sociétés. Au-delà des revendications légitimes des mouvements féministes il y a là un très vaste champ de recherche qui pourrait renouveler profondément la problématique du développement.

Toute action en vue de transformer les rapports inégalitaires entre les sexes doit également passer par un renouvellement des formations et d’abord des formateurs. Les démographes sont en première ligne dans cette perspective, à la fois par la collecte et l’analyse des données statistiques pertinentes à laquelle ils doivent procéder et par les initiatives qu’ils sont censés prendre dans le champ des recherches (Mason Oppenheim, 1995). Les programmes de formation en population aussi bien que les programmes de recherche, doivent être réexaminés dans cette optique, en étroite collaboration avec les autres disciplines des sciences sociales.

1. De la description à l’explication, ou comment la problématique de genre et la démographie se répondent

Les études en matière de population sont à l’évidence au coeur de cette problématique. Par leur objet d’étude, par leurs méthodes, elles sont un instrument privilégié d’analyse des relations de genre dans une population donnée. La statistique démographique, par la présentation des structures de population qu’elle offre de façon systématique, est une alliée naturelle de l’analyse des sociétés sous l’angle du genre, pour peu qu’on lui pose les bonnes questions. En décrivant des situations différentielles selon le sexe, les mesures démographiques ont depuis longtemps mis en évidence des inégalités entre hommes et femmes. Mais décrire ne suffit pas. Il faut aussi mettre en évidence les liens entre ces disparités, leurs causes et leurs conséquences démographiques.

Il y a trois approches principales des relations entre études sur les populations et études en termes de genre. La première est de l’ordre de la description de situations. Les statistiques démographiques sont des instruments indispensables de l’appréhension des relations entre les sexes, des statuts masculins et féminins. La pyramide des âges est une illustration, certes un peu simpliste, de cette approche, et toute description de l’état de la mortalité ou des migrations selon le sexe, par exemple, illustre aussi ce que peut apporter la description des phénomènes à la perception des situations sociales différenciées par sexe. Leurs évolutions chronologiques, leurs différences selon les pays sont des éléments indispensables de connaissance des rapports hommes/femmes et de diagnostic des disparités entre les sexes. Des synthèses telles que celles publiées par le centre de recherches, de documentation et d’information sur la femme en Tunisie (CREDIF, 1994) ou le centre d’études et de recherches démographiques au Maroc (CERED, 1989, 1992) sont des instruments de base pour de tels diagnostics.

La seconde approche donne aux indicateurs de genre le statut de variable explicative des phénomènes étudiés par le démographe. Le sexe est à l’évidence une variable qui doit contribuer à l’explication des évolutions démographiques - mortalité, fécondité, migrations. A vrai dire, c’est par cette approche que les préoccupations sur les relations de genre sont entrées dans le champ de réflexion des démographes. Avant la décennie 80, l’amélioration du statut des femmes figurait certes dans les objectifs des programmes de population, mais n’avait pas un haut degré de priorité dans les actions entreprises. Celles-ci visaient surtout le développement de programmes de planification familiale, pour répondre à la forte préoccupation des organisations internationales quant à l’accroissement rapide de la population mondiale. Mais dans de nombreux pays en développement ces programmes n’atteignaient que très partiellement leurs objectifs, en Afrique notamment. Cette constatation et l’action énergique des mouvements féministes ont progressivement obligé à une révision des points de vue et conduit à considérer le statut des femmes comme une variable explicative majeure des comportements démographiques, d’abord comme déterminant de la santé des enfants, et ensuite comme un facteur éminent des changements vis-à-vis de la fécondité.

La troisième approche consiste à étudier, au sein de chaque société, l’effet des variables démographiques sur le statut des femmes, des hommes et les rapports de genre qui deviennent alors des variables expliquées dans la relation entre variables démographiques et variables de statut selon le sexe. Chacun des événements démographiques que traverse un individu - naître, se marier, avoir des enfants, divorcer, vieillir...- aura, sur sa condition d’homme ou de femme un effet différent selon la société à laquelle il appartient. Les coutumes matrimoniales, la fécondité, la migration sont donc de puissants déterminants des rapports sociaux de sexe que chaque société cristallise et/ou réinterprète au cours de son histoire. Dans les rapports interpersonnels, les comportements sont régis par un ensemble de conduites inculquées dès l’enfance aux garçons et aux filles. Pour comprendre par quelle alchimie s’élaborent les décisions de fécondité au sein d’un couple, il importe d’avoir une connaissance approfondie des rôles sexués qui sont transmis par les stéréotypes, les normes de valeur, les prescriptions et interdits, les réseaux de communication dans chaque groupe social.

2. Genre, population et développement, quelques domaines majeurs de la recherche

-  1. Instruction et comportements démographiques

Les spécialistes en population se sont particulièrement intéressés à la relation entre l’instruction des femmes et leur fécondité, indicateur le plus accessible du statut de la femme, dans les enquêtes démographiques (Caldwell, 1982). Et, sans surprise, on a maintes fois prouvé que les femmes très instruites étaient celles qui, les premières, dans les pays en développement, accédaient à la maîtrise de la fécondité. Mais il ne faut pas être grand clerc pour le comprendre. Plus complexes sont les résultats qui montrent qu’à niveau d’instruction égal on peut observer des niveaux de fécondité très différents selon les sociétés, les groupes sociaux. Les taux de scolarisation et d’alphabétisation des femmes sont aussi l’expression du statut que, collectivement, une société reconnaît aux femmes. Il y a donc des effets combinés, au niveau individuel et collectif, de l’instruction sur la fécondité. Mais le niveau d’instruction n’est qu’un des facteurs de statut qui détermine les comportements en matière de fécondité. La négociation entre partenaires, la valeur attachée aux enfants, la disponibilité d’informations et de services de planification familiale ainsi que la capacité des femmes à y accéder sont également des facteurs déterminants.

Les travaux sur le genre permettent maintenant de mieux comprendre que les statuts respectifs des hommes et des femmes sont définis par bien d’autres facteurs que l’instruction qui n’ont pas été suffisamment intégrés aux enquêtes classiques menées par les démographes. Par exemple, la notion d’autonomie féminine mériterait d’être mieux appréhendée car elle joue un rôle important dans les prises de décision concernant la fécondité.

Un des premiers effets de l’intérêt nouveau porté aux études en termes de genre devrait être d’ouvrir des champs de recherche sur les comportements masculins en matière de fécondité. Des enquêtes commencent à explorer cette voie et des tentatives pour mieux associer les hommes aux décisions de contraception voient le jour. En Tunisie, par exemple, où les programmes de planification familiale sont très bien implantés, il existe maintenant des consultations destinées spécifiquement aux hommes : un exemple à suivre.

-  2. Vie matrimoniale et relations de genre

Les modes de formation des couples expriment de façon particulièrement évidente les rapports socialement construits entre hommes et femmes. Plus précaire est le statut des femmes, plus elles se verront imposer des unions non choisies, à un âge précoce. En retour, ce mode de constitution des unions renforce la situation d’inégalité entre hommes et femmes. La mesure de la nuptialité fournit donc des indicateurs très pertinents des relations de genre. En Afrique du Nord, on observe un recul très rapide de l’âge des femmes au mariage. En Tunisie, par exemple, où les progrès en faveur des femmes ont été particulièrement importants, l’âge moyen au premier mariage est passé de 20,4 ans en 1970 à 23,9 ans en 1991. Au Maroc, il est passé de 19,8 ans en 1971 à 22,2 ans en 1982. On peut y voir une expression de l’amélioration du statut de la femme, mais aussi peut-être l’effet de difficultés croissantes des jeunes à fonder leur propre foyer. La pression sociale aidant, il n’est pas toujours facile, pour une femme notamment, de vivre une situation de célibat prolongé (Adel, 1995). Néanmoins dans les pays du Maghreb, les indicateurs démographiques qui mesurent la nuptialité sont très clairs : l’écart d’âge entre époux diminue et les femmes expérimentent de plus en plus souvent une période de célibat plus longue que leurs mères. Mais on manque d’enquêtes pour comprendre comment est vécue cette période. Espace de liberté accrue ? Attente dans la frustration, Compte-tenu des prescriptions sociales ? Du coté des hommes, on manque également de travaux sur le vécu du célibat et les effets possibles de la diminution de l’écart d’âge entre époux. Cela entraîne t-il des relations plus égalitaires ? Comment s’élaborent les nouveaux modèles de vie en couple que vont nécessairement entraîner les évolutions de l’âge au mariage ?

Dans les sociétés du Maghreb les modalités du divorce et les législations sont, à l’exception de la Tunisie, gravement pénalisantes pour les femmes. Depuis le début du siècle, la tendance est cependant à une diminution des taux de divorces là où ils ont pu être calculés, comme en Algérie par exemple (Fargues, 1988). Si les combats des féministes se sont particulièrement attachés à dénoncer les injustices criantes faites aux femmes par la législation, tout particulièrement en Algérie (Bendjaballah, 1995), il reste beaucoup à faire pour mesurer les effets des ruptures d’union sur les femmes et sur leurs enfants.

On le voit, les pratiques nuptiales sont au coeur de la relation entre problématique de genre et questions de développement. C’est un champ où la pluridisciplinarité est indispensable, et les démographes doivent travailler en étroite collaboration avec des anthropologues et des sociologues qui ont déjà accumulé de nombreuses enquêtes. La connaissance statistique que peuvent apporter les démographes s’impose d’autant plus pour renforcer les efforts de connaissance approfondie que mènent les autres sciences sociales. A cet égard, il faut souligner la collaboration qu’ont développée le ministère de la justice marocain et le Centre d’études et de recherches démographiques de Rabat pour assurer l’enregistrement exhaustif des actes de mariage. De nombreuses études sur les mariages et les divorces seront ainsi possibles et sont déjà inscrites au programme du CERED (Rabat).

-  3. La mesure de la santé et de la mortalité, une expression des rapports sociaux de sexes

Dans ce domaine, les études démographiques ont toujours été des instruments très révélateurs des inégalités entre hommes et femmes. En ce qui concerne la mortalité, ce sont, il est vrai, les hommes qui sont "défavorisés", dans les sociétés où a progressivement prévalu un traitement équitable entre hommes et femmes puisque leur espérance de vie est inférieure à celle des femmes. Cela rend d’autant plus évidentes les inégalités, voire les violences qui sont faites aux femmes dans certains pays où l’on enregistre encore des surmortalités féminines dans l’enfance. Au Maghreb, les récents progrès de l’état sanitaire se traduisent en une atténuation de la surmortalité féminine de la première année de la vie, voire, sa disparition (Tabutin, 1991). La mortalité maternelle, mais aussi les séquelles fortement invalidantes des accouchements qui se sont mal passés, traduisent également dans les faits le peu d’attention accordée à la santé des femmes dans certaines sociétés (Des Forts, 1995). Au Maghreb, des progrès très importants ont été faits mais des disparités selon les milieux sont encore l’expression de priorités différentes dans la protection de la santé des femmes dans divers contextes socio-économiques et des progrès ne pourront être faits sans diagnostics précis des causes de ces disparités.

-  4. La statistique des ménages, un outil pour la connaissance des rôles et statuts masculins et féminins

Les évolutions de la famille, dans les sociétés maghrébines qui connaissent des mutations rapides, redessinnent, par touches progressives ou dans le conflit, les rôles masculins et féminins (Ben Salem, 1994 ; Lacoste-Dujardin, 1985).

Les expressions au niveau familial et social des rapports de genre peuvent être, au moins partiellement, mises en évidence dans les enquêtes démographiques, voire dans les recensements (AMEP, 1986 ; CERED, 1990). Certains indicateurs peuvent être utilisés et doivent être interprétés. Les statistiques des ménages permettent aussi de donner des indicateurs des statuts des enfants selon le sexe. Elles peuvent répondre à des questions telles que celles-ci : Les garçons quittent-ils plus tôt ou plus tard leurs parents ? En cas de séparation des parents, comment sont pris en charge garçons et filles ? Quelle est la fréquence de cohabitation des belles-filles et des belles-mères dans une même unité domestique ?

Enfin, partout au Maghreb, les migrations jouent un rôle très important dans la dynamique des unités familiales. Séparations temporaires ou durables, ménages tiraillés entre résidence du migrant et résidence du conjoint resté sur place, enfants allant d’un lieu à l’autre, autant de situations qui infléchissent les statuts des individus et les apprentissages qu’ils sont amenés à faire de leurs rôles sexués. Là encore, des études démographiques sont précieuses pour mettre en lumière les évolutions de comportement que génèrent les échanges entre migrants et non migrants.

3. De quelques expériences de formation et de recherche dans les pays du Maghreb

-  1. Les programmes de recherche

Il existe bien évidemment une impressionnante somme de travaux sur le statut des femmes dans la sous-région, menées essentiellement sous l’impulsion des militantes féministes mais aussi des sociologues de la famille et des juristes2. Il n’est pas question ici d’en ébaucher une synthèse mais seulement de se demander comment les formations et recherches du domaine de la population peuvent, d’une part s’approprier les travaux des autres disciplines en vue de mieux expliquer les comportements démographiques et, d’autre part, contribuer à accroître les connaissances et les outils de formation susceptibles de conduire au changement des attitudes qui entravent la quête d’égalité entre hommes et femmes.

Les colloques qui se sont intéressés aux questions féminines sont très nombreux. Certains, et non des moindres, l’ont été à l’initiative de l’association maghrébine pour l’étude de la population (AMEP, 1995) ou de centres de recherche démographique, notamment le CERED à Rabat (1992) et l’IREP (Mahfoudh-Draoui, 1994), témoignant de l’intérêt de la communauté des démographes pour ce thème. Pourtant, dans l’ensemble, la coopération entre démographes et autres spécialistes des sciences sociales reste marquée par une faible interpénétration des problématiques. Les démographes "décrivent" des situations, les sociologues travaillent plus à l’interprétation de données d’enquêtes sans toujours se référer aux travaux statistiques disponibles.

Pour aller un peu plus avant vers des approches innovatrices, on peut avancer quelques éléments de diagnostic à partir des publications récentes des démographes qui abordent les questions relatives au statut des femmes.

a) Les travaux sur le genre sont peu nombreux. Jusqu’à présent, on trouve essentiellement des travaux sur le statut des femmes et leurs conditions de vie. Ils oscillent entre deux types d’analyse, les unes très militantes, dues à la vitalité du courant de recherche dite "féministe", les autres se cantonnant à une approche très descriptive, attitude le plus souvent adoptée par les spécialistes en population. De ce fait le mainstreaming de la problématique de genre dans tous les secteurs de l’analyse sociale, préconisé par les organismes internationaux, est loin d’être atteint. On continue à considérer que les recherches et formations sur le statut des femmes sont le domaine réservé des femmes, le plus souvent de leur frange militante, ce qui ne va pas sans un risque de marginalisation et de stigmatisation.

b) Les analyses des statisticiens et démographes sont très peu faites en termes de genre. La production scientifique des instances de recherche en population a très peu exploré, jusqu’à maintenant, les effets d’interaction entre les statuts masculins et féminins et les évolutions des sphères de pouvoir des uns et des autres.3 Même l’interaction entre statut des femmes et comportements démographiques, qui est évoqué de façon quasi-systématique pour la baisse de la fécondité en cours au Maghreb n’a pas fait l’objet de programmes de recherches importants, à notre connaissance. Or la problématique de la lutte pour l’égalité des sexes peut et doit s’appuyer sur des résultats d’analyses statistiques et de recherches démographiques qui lui apporteraient des arguments très solides et renforceraient le statut scientifique des travaux de la sphère féministe, auxquels on concède plus facilement le statut de travaux militants, avec des sous-entendus dépréciatifs.

c) A la suite du courant impulsé par les deux conférences du Caire sur la population et de Beijing sur les femmes, un grand nombre de séminaires et d’ateliers sont proposés dans les instances chargées de l’étude des populations, soit à l’initiative d’organismes internationaux soit à l’initiative de centres de recherche maghrébins4. Il est trop tôt pour évaluer de leur effet mais ceux dont nous avons consulté les programmes ont encore quelque mal à sortir du cadre de la description des "situations féminines" et à s’appuyer sur des résultats de recherches sur les questions de genre, qui sont encore trop peu nombreux. Par ailleurs, leur public est toujours essentiellement féminin, ce qui contrevient à une véritable mise en perspective en termes de genre. L’un des problèmes, et non des moindres, est le très fort taux de masculinité des démographes maghrébins.

-  2. Les programmes de formation

L’enseignement universitaire dans les trois pays du Maghreb intègre encore très peu les questions de genre. Elles sont abordées dans certains cours de sociologie et de droit. Le constat dressé par Mouna Samman (1996) sur la place réservée aux questions de genre dans l’enseignement de la démographie, quand elle écrit "...les contenus de l’enseignement universitaire pêchent par omission, avec des différences selon les pays et reflètent par là la situation réelle de l’inégalité entre les sexes" (p. 16) peut s’appliquer à bien des disciplines. Pourtant les sciences de la population pourraient jouer un rôle particulièrement important pour inciter au développement d’enseignements intégrant les questions de genre. Dans bien des enseignements de démographie, même le rôle du statut des femmes comme variable explicative des comportements démographiques est très peu commenté.

L’idée d’une chaire internationale d’études féministes a été évoquée en Tunisie dans les projets du CREDIF. Est-ce vraiment souhaitable dans la situation actuelle ? Il y a là matière à débat. Un lieu prestigieux et bien identifié donnerait à la problématique féministe un statut plus officiel dans l’environnement universitaire. Mais par ailleurs, n’y a t-il pas là un risque, encore une fois, de cantonner la question de l’égalité entre les sexes à un secteur exclusivement féminin et revendicatif avec les risques de cristalliser, une fois de plus, l’agressivité des contempteurs du féminisme et d’éluder la thématique de genre ? Ne serait-il pas plus important d’agir fermement pour que dans toutes les disciplines soient intégrées et analysées les préoccupations de genre, afin de mieux combattre les inégalités entre les sexes sur la base de statistiques et d’enquêtes fiables que les spécialistes des questions de population sont à même de produire. Le jour où, au cours de leurs études universitaires, tous les futurs enseignants (du primaire comme des autres degrés d’enseignement) mais aussi les futurs économistes, les médecins, planificateurs, etc. auront été sensibilisés aux questions de la construction sociale des rapports hommes/femmes, on aura fait un grand pas dans la lutte pour l’égalité entre les sexes.

La meilleure stratégie, sur le plan de la formation universitaire semble être un large rassemblement de potentialités de recherches interdisciplinaires au sein de structures souples (coordination d’unités de recherche ou de chercheurs isolés, comités interdisciplinaires d’études sur le genre ?) qui d’une part, irrigueraient les cours de chaque discipline : histoire, science politique, sciences sociales, psychologie, pédagogie, sciences de la santé, techniques d’administration ainsi que, bien entendu, la démographie et d’autre part, entretiendraient un courant d’idées favorable aux recherches sur le genre, au-delà de l’essoufflement prévisible de l’engouement pour ce thème suscité par la tenue de réunions consécutives à la conférence de Beijing.

Les démographes maghrébins sont-ils suffisamment présents dans des enseignements universitaires ? Il reste semble t-il beaucoup à faire pour que des formations en "sciences de la population" (et non pas seulement en "statistiques démographiques") soient intégrées à différents cursus universitaires et introduisent à une approche multidisciplinaire des questions de population. Dans de tels enseignements, une analyse des positions respectives des hommes et des femmes dans les différentes sociétés devrait avoir une place importante.

2. Quelles sont les approches à privilégier pour laformation et la recherche sur le thème "Population, genre et développement" ?

Les thèmes à aborder dans le cadre des études de la population sont connus : constitution de la famille, évolution de la fécondité, connaissance des populations migrantes, améliorations apportées à la santé qui sont les domaines spécifiques des démographes. Ils doivent à l’évidence intégrer plus directement les questions de genre. Les réflexions qui suivent proposent des approches nouvelles auxquelles pourraient s’associer les travaux des démographes.

-  1) Mettre au premier plan l’analyse macro-sociale

Il faut, tout d’abord, interroger la science politique et développer les recherches sur les mécanismes de fonctionnement de l’État, les procédures qui conduisent à évincer les femmes des sphères de décision, les systèmes juridiques et fiscaux qui conditionnent fortement les statuts masculins et féminins. Des chercheuses du Maghreb ont fermement oeuvré en ce domaine (Ferchiou, 1991 ; Mernissi, 1987). Les statistiques démographiques seront, évidemment, un outil précieux pour apprécier les avancées (ou les stagnations et les reculs) que des choix macro-sociaux entraînent en matière d’égalité entre les sexes. Ces analyses au niveau macro-social et macro-économique doivent permettre de mieux identifier les différents niveaux de responsabilité. Il existe une tendance insidieuse à "charger la barque des femmes". La reconnaissance - tardive - de leur rôle majeur dans les économies rurales est un nouveau prétexte à les rendre responsables de la sauvegarde de l’environnement alors que cela dépend essentiellement de choix macro-économiques au niveau national, voire international, sur lesquels elles n’ont aucune prise. Avec l’augmentation de l’émigration masculine, les femmes deviennent chefs d’exploitation de fait sans en avoir les prérogatives et les plans de développement tiennent très peu compte des conditions respectives des hommes et des femmes dans la production, notamment dans la production agricole (Alaoui, 1989). Certains discours tendent à stigmatiser leur abandon de la sphère familiale du fait de leur implication dans l’emploi salarié, au Maroc par exemple, (CERED, 1992). Il faudrait aussi se demander que fait la société pour mieux répartir les tâches domestiques et productives et non accuser les seules femmes de compromettre les équilibres familiaux.

-  2) Continuer à explorer la voie de la statistique

Bien évidemment la validation statistique reste un instrument de choix de l’analyse en termes de genre. Un domaine qui mériterait un effort particulier est celui de l’amélioration des instruments statistiques permettant de saisir l’activité économique des femmes, au sens large du terme. Un récent rapport annuel du PNUD (1995) décrit très bien, par exemple, les manques en ce domaine et les travaux qui seraient nécessaires pour alimenter une véritable connaissance de l’activité féminine. Il faut donc s’attaquer à la conception de nouvelles observations statistiques associant étroitement différentes disciplines et tout particulièrement démographie, économie, sociologie, psychologie et politique. La question de l’emploi féminin est, à l’évidence, un sujet majeur pour les années à venir dans les pays du Maghreb (Bernard, 1990). La faible participation des femmes à l’activité productive salariée en Algérie, par exemple, est en contradiction avec la scolarisation croissante des filles et relève à la fois des difficultés économiques qui entravent la création d’emplois et des modèles culturels dominants quant au rôle des femmes. Il y a là des sources de frustrations pour toutes les nouvelles générations féminines qui auront une formation scolaire. Au Maroc, l’intégration croissante des femmes dans l’activité marchande, au moins dans les villes, est considérée comme un des facteurs de la baisse de la fécondité (CERED, 1993) et partout cette participation à l’activité salariée est déjà un facteur de redéfinition des rôles entre hommes et femmes, qu’on le veuille ou non. Le passage de l’activité productive féminine de la sphère domestique (artisanat, aide agricole) à la sphère marchande doit donc donner matière à des enquêtes non seulement économiques mais aussi d’ordre sociologique et démographique.

Par ailleurs, les statisticiens et démographes ont à repenser la mesure de l’emploi féminin, particulièrement sous-estimé dans la sous-région (Alaoui, 1989 ; Charmes, 1996). Certains ont déjà fait des essais en ce sens notamment en Tunisie (Drira, 1995) Il faut aussi poser la question du rôle dévolu aux femmes dans les nouvelles économies exportatrices et les conditions de travail et de vie qui leur sont ainsi imposées.

A coté d’enquêtes nouvelles qui s’avèrent indispensables, il pourrait être très intéressant de "requestionner" des enquêtes, documents, témoignages et statistiques anciens avec les hypothèses nouvelles que la réflexion des dernières années a fait surgir.

-  3. Développer les études multidisciplinaires sur les sociétés en mutation

Au niveau microsociologique, le travail à mener est immense. Chaque société est spécifique quant aux rôles et statuts qui sont dévolus aux individus en fonction de leur âge et de leur sexe et les comportements économiques sont tributaires de la définition sociale des positions respectives des hommes et des femmes. Il faudrait, au sein de chaque entité nationale définir des programmes de rechercheinterdisciplinairesqui associeraient anthropologues, psychologues, sociologues, économistes, démographes et historiens. Il va sans dire que doivent y participer des hommes et des femmes, les uns et les autres apportant leur perception critique des problèmes abordés. On a trop tendance à croire que les travaux sur les femmes sont une affaire de femmes et les chercheurs du Maghreb n’échappent pas à cette dérive. Là encore une collaboration entre statisticiens, démographes et autres spécialistes dans le domaine des sciences sociales s’impose pour asseoir les analyses sur des résultats statistiquement éprouvés. Enfin rappelons que les approches comparatives seraient d’une particulière pertinence pour des recherches sur les statuts selon le sexe. Confronter l’expérience de différentes sociétés permet de mieux comprendre les "systèmes" dans lesquels sont définis les statuts des uns et des autres.

-  4) Identifier les stéréotypes et combattre les dérives sexistes

La répartition des droits, des devoirs et des pouvoirs entre hommes et femmes est un sujet central pour toutes les sociétés et touche au coeur de la perception de leurs identités respectives. La recherche suppose donc, en ce domaine, une rigueur toute particulière car on ne peut mélanger réactions épidermiques et travail scientifique, ce qui risquerait de substituer à l’analyse scrupuleuse des faits l’affirmation d’opinions - généreuses ou pas - qui relèvent du vécu de chacun.

Cela n’est certes pas facile et l’"après - Beijing" a ses revers : le discours opportuniste de ceux qui font recette d’un féminisme de façade, surtout destiné à des congrès internationaux, brouille les véritables enjeux et entraîne des réactions de défense inévitables de la "collectivité" masculine. Mais il est nécessaire que les chercheurs, pour eux-mêmes et pour les sociétés qu’ils étudient, identifient les stéréotypes qui peuvent faire écran à leur juste appréhension des situations et à leur interprétation des rapports définis socialement entre hommes et femmes. On a donc besoin d’études sociologiques sur les discours produits par les différentes instances de nos sociétés y compris celles des chercheurs.

Le fer doit être porté, avant tout, dans le domaine de l’éducation. Quels sont les stéréotypes concernant les statuts prescrits aux garçons et aux filles dès leur enfance ? Quels sont ceux qui sont véhiculés dans les livres des apprentissages fondamentaux des enfants ? des adolescents ? Dans toutes les réunions préparatoires à la conférence de Beijing organisées dans les trois pays du Maghreb (voir par exemple Benghabrit-Remaoun, 1995) revient cette revendication d’une révision des manuels scolaires en vue d’y pourchasser les préjugés sexistes. Revoir les livres n’est en fait pas suffisant, il faut aussi promouvoir des formations en cours d’emploi des enseignants et y associer les écoles normales et les universités qui forment les futurs enseignants. La transmission des normes, valeurs et stéréotypes dans l’enfance est une direction de recherche très importante qui exige la collaboration des psycho-pédagogues. Et, il faut le reconnaître, beaucoup d’enseignants transmettent encore des stéréotypes "sexistes" dans leur enseignement, leur attitude envers les enfants et les modèles de comportement qu’ils encouragent.

-  5. Identifier les innovations, s’appuyer sur la connaissance historique

Il faut analyser, de façon systématique, les innovations générées par les "expressions collectives" de la société civile : presse, médias, associations. Leurs idéologies, les messages qu’ils véhiculent, la force d’initiative qu’ils peuvent représenter et la place qu’ils réservent aux femmes et aux hommes doivent être analysés et répertoriés pour en tirer des enseignements et en garder la mémoire. Pour mieux comprendre les innovations que génère une culture, la référence à l’histoire est déterminante. Beaucoup d’analyses sur les familles au Maghreb empruntent déjà cette voie (Toufiq, 1983). C’est particulièrement vrai des initiatives féminines et des tentatives de récupération dont elles sont bien souvent l’objet. L’histoire a toujours tendance à occulter, on le sait, le rôle des femmes, qui est pourtant le plus souvent déterminant. La revendication de la commission "femmes et politiques" émise de l’atelier préparatoire à la IVème conférence mondiale des femmes de Beijing, organisé en Algérie en 1995, d’une meilleure reconnaissance du rôle des femmes dans la guerre de libération et de son introduction dans les manuels scolaires est, à cet égard, exemplaire (Benghabrit-Remaoun, 1995).

C’est aussi la place des jeunes dans l’élaboration des nouveaux modèles de comportement et les réponses qu’ils donnent aux tensions très vives qui existent dans les relations hommes/femmes dans la sphère domestique comme dans la sphère publique qui doit être explorée par de nouvelles études. Les enquêtes socio- démographiques peuvent contribuer avec leurs méthodes propres à ces recherches (AMEP, 1994).

-  6. Mettre au point des méthodes efficientes pour l’évaluation des projets de développement en termes de "relations de genre"

Une des grandes priorités de la recherche à venir devrait être l’évaluation ex ante et ex post de toutes les initiatives de développement ("projets", implantations d’infrastructures, de services divers, initiatives d’associations, etc.) en termes de genre. Et il ne faut pas seulement considérer des projets "femmes" mais bien tous les projets, leurs effets possibles (avant), leurs effets constatés (après), sur le statut des femmes et des hommes, sur l’amélioration (ou la détérioration) des synergies entre les uns et les autres. Ceci permettrait de diffuser et répliquer les réussites (il y en a...) et d’éviter la reproduction d’opérations mal conçues (elles sont plus nombreuses, hélas !). Dans cette tâche, les diverses sciences humaines doivent être associées et les démographes ont un rôle éminent à jouer avec les méthodes statistiques et les enquêtes représentatives qu’ils sont en mesure de mettre en oeuvre.

Vue d’ensemble

On sait que depuis la conférence du Caire (1994) toutes les actions du FNUAP sont censées être analysées a priori et a posteriori dans une optique de genre. Elles doivent renforcer les processus d’amélioration du statut des femmes et d’accroissement de leur capacité de décision (empowerment), c’est-à-dire : assurer que les femmes aient le droit et la capacité de faire leurs propres choix, qu’elles aient accès aux ressources et services qui leur sont nécessaires, qu’elles aient le droit et le pouvoir de contrôler leur propre vie et qu’elles aient la possibilité d’influencer les processus de changement social afin de créer un ordre économique et social plus juste, au plan national et international. Cette réorientation de toutes les actions soutenues par les Nations Unies dans le domaine de la population n’a été possible que grâce à l’action déterminée des mouvements féministes. Ils ont d’abord contesté la façon dont les programmes antérieurs visaient essentiellement à convaincre les femmes à pratiquer la planification familiale sans considérer l’ensemble de leurs conditions de vie et leur statut. Ils ont ensuite, s’appuyant sur les résultats de recherches, démontré que la maîtrise souhaitable de la croissance démographique passait, inévitablement, par une amélioration du statut des femmes, et donc par une plus juste répartition des pouvoirs entre hommes et femmes. Il y aura des remises en cause des acquis récents, des résistances aux droits légitimes des femmes. Les recherches mettant en relation comportements démographiques et rapports sociaux de sexe sont des instruments de diagnostic indispensables de cette longue marche vers l’égalité.

Notes

1. Une première version de ce texte a été présentée à la séance "Recherche et besoins de formation futurs dans le monde arabe" organisée lors du deuxième congrès régional arabe de population, Le Caire, du 8 au 12 décembre 1996.

2. Des bases de données sont disponibles notamment en Tunisie (CREDIF, 1995, 1996) et à l’IREMAM (Aix-en-Provence) qui recensent les très nombreux travaux sur les femmes du Maghreb. Le CREDIF a commencé à mettre en place un "observatoire tunisien sur la femme".

3. Il y a pourtant d’ores et déjà d’intéressantes enquêtes sur les relations de genre au sein des ménages qui pourraient être valorisées (pour un exemple, voir Naciri, 1994).

4. Citons par exemple le rôle que joue le CREDIF en organisant des stages internationaux de formation sur le thème "Genre, population et développement" à l’intention de participants des pays francophones du sud, avec l’assistance du FNUAP, (Quatre séminaires prévus de 1996 à 2000).

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26 novembre 2004



 



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